VIA DELLA CONCILIAZIONE

La Via della Conciliazione relie le château Saint-Ange à la place Saint-Pierre. On y trouve une ligne de démarcation de travertin qui conflue vers les colonnades du Bernin et qui délimite la frontière entre deux les États ; unissant ainsi la capitale de l’Italie – l’Urbe des Sept collines – à l’État de la Cité du Vatican.

Pourquoi cette rue porte-t-elle ce nom ?

Elle porte ce nom en référence au Concordat établi entre l’Italie et le Saint-Siège (les fameux Accords du Latran du 02/11/1929) qui reconnaissent la souveraineté du Saint-Siège sur la Cité du Vatican.

La rue (souhaitée par Mussolini et Pie XI) a été conçue selon le projet de Marcello Piacentini (architecte du régime) et Attilio Spaccarelli, afin de créer un accès triomphal à la basilique et d’offrir au dôme de Michelangelo une plus large visibilité.

À l’époque où Le Bernin réalisa la Colonnade, le visiteur y avait accès en traversant des ruelles étroites et divers édifices qui l’empêchait d’en admirer l’immensité et la grandeur, ainsi que d’apprécier son extraordinaire effet de surprise visuel.

L'idée de réaliser une ouverture par cette avenue qui part des rives du Tibre jusqu’à la Colonnade pour ainsi créer un décor solennel autour de la place fut émise dès le XVIIème siècle. Mais ce fut Mussolini qui la concrétisa, en commençant - le 28 octobre 1936 - par la démolition du quartier de Borgo (avec près de 600 000 m³ de débris) qui dura un an. Cela entraina l’expulsion de 1236 familles qui furent ensuite transférées dans d'autres quartiers de Rome.

Un style architectural fasciste au service d’un projet grandiose

La rue possède des entrées d’honneur, situées aux extrémités : des colonnes et des fontaines à l’extrémité en direction du château Saint-Ange et deux avant-corps incurvées en brique en direction de Saint-Pierre. Elle est ornée de lampadaires soutenus par des obélisques en travertin, en référence au prestigieux modèle égyptien du Vatican.

Après une période d’interruption durant la deuxième guerre mondiale, les travaux reprirent et se terminèrent à l’occasion du Jubilé de 1950

Ce projet a suscité de nombreuses critiques non seulement pour sa matrice idéologique (un style « néoclassique rationaliste fasciste » déconnecté de la tradition locale, mais également pour avoir détruit la quasi-totalité de l’antique quartier du Passetto et de la citadelle fortifiée de la Renaissance. Pour le jubilé de 1500, le pape Borgia avait créé une grande avenue rectiligne, qui reliait le Tibre aux palais des papes : la Via Alessandrina, connue pour ses superbes édifices. Mais la particularité du Borgo relevait surtout de la coexistence de logements modestes avec d'élégantes résidences privées, ses nombreuses églises et ruelles étroites, ses tavernes et ses petites boutiques.

La place centrale Scossacavalli fut démolie et la fontaine qui la ornait fut alors démantelée et transférée sur la Piazza Navona. Des églises et des maisons ont été détruites, mais certains importants bâtiments ont été sauvés, démontés et rassemblés dans un style « faux antique ».

Le Borgo, un magnifique quartier à découvrir en partant de la place Saint-Pierre

Côté droit en provenance de Saint-Pierre :

Palazzo Armellini Cesi, XVIème siècle, cardinalice. Il est ouvert au public, entrée à prix libre (recommandée !)

Palazzo Serristori, architecture florentine de la Renaissance, ancien siège de l’ambassade des Médicis. Il abrite aujourd’hui une école. Il ne fut pas démoli grâce à sa position qui donne sur la Via dei Cavalieri del Santo Sepolcro.

Palazzo dei Penitenzieri Della Rovere

XVème siècle, cardinalice, inspiré du Palazzo Venezia (tour latérale et fenêtres à croisée). Les intérieurs ont été décorés par Pinturicchio et l’extérieur est orné de deux fontaines du XVIIème siècle qui arborent le blason de la lignée des Borghese.

Au XVIIème siècle, il était habité par les pénitenciers de Saint-Pierre. Aujourd'hui, il sert de siège à l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem et peut être visité sur rendez-vous.

Borgo Santo Spirito possède un hôpital datant du Moyen Âge qui est toujours en activité aujourd’hui. On y trouve également la « Ruota degli Esposti » (la tour d'abandon), qui était utilisée par les femmes qui confiaient les enfants non désirés aux soins de l'Église.

Côté gauche :

Palais Rusticucci de Bramante (démoli, puis reconstruit), dont il ne reste que le portail comme pièce originale. Raphaël y a habité de 1517 jusqu’à sa mort. Incorporé au Palazzo dei Convertendi au XVIIème siècle, il est la propriété du Saint-Siège.

Palazzo Torlonia, palais cardinal du XVème siècle et restauré au XIXème siècle avec une façade de style Renaissance.

Après le Palazzo Latmiral (1887), vous retrouverez S. Maria in Traspontina et enfin l'Auditorium qui organise de nombreux événements culturels et de divertissement.